Mr B et Mr L
October 27, 2011
S’il n’y avait pas de Berlusconi en Italie, mon blogue serait vide voire vraiment inintéressant. Non mais c’est vrai, il est un personnage controversé et comme tout personnage du genre, il fait couler beaucoup d’encre pour le meilleur et pour le pire. Quel journaliste ou blogueur n’a pas de plaisir à écrire sur son dernier scandale ou sur sa dernière déclaration percutante ?
Comment ne pas tomber sous le charme de ce septuagénaire qui réussit à rendre les rencontres du G8 moins ennuyeuses et qui encore à son âge se «tape» plusieurs filles en une soirée, comme il le disait récemment dans une des nombreuses conversations téléphoniques interceptées. Il est tout aussi fascinant de le voir aller en compagnie des grands leaders de ce monde comme Barack Obama à qui il s’est plaint d’avoir la magistrature italienne sur le dos, un complot de gauche. Ce qu’il ne dit pas c’est qu’il est accusé de corruption, prostitution juvénile et d’extorsion dans trois procès.
Combien de fois entend-on le nom de Mr B ou voit-on des photos de son visage lisse comme de la cire et sa chevelure touffue dans les journaux ? Mais combien de fois l’entend-on répondre aux questions des journalistes ? Jamais. À moins que le journaliste soit un grand ami où la complaisance est de mise ou pour crier à la diffamation durant les émissions d’affaires publiques.
J’en aurais long à raconter sur cet homme qui semble éternel au grand désespoir de plusieurs Italiens, mais pourrait-on le qualifier de dictateur ? Si on l’a voté, vous me direz, ce n’est pas un dictateur, les gens le veulent pour diriger le pays. C’est sûrement vrai, mais prenons en compte que la majeure partie des médias télévisés ou écrits est sous le contrôle d’un seul homme en l’occurrence Mr B.
Plus je parle de Berlu, plus je me dis, bien nous en avons un au Québec. Pas aussi libertin, mais tout aussi intéressant pour les journalistes. Selon le nouveau livre de David Lemelin sur le maire de la Ville de Québec, Régis Labeaume serait un dictateur amical. J’aime bien le choix de mots qui me fait penser à Mr B.
En quoi se ressemblent-ils ?
Les deux utilisent le Parlement comme un terrain de jeu pour faire voter des lois ad personam c’est-à-dire, des lois faites sur mesure à des fins personnelles comme la loi 204. Ils ont une personnalité dynamique, charismatique (Oui, Berlusconi peut être charmant selon plusieurs) et démagogue. Ils sont deux millionnaires qui ont décidé de passer à la politique en amenant leur bagage de conflits d’intérêts. Sans oublier que toute critique tant de la part des médias que de l’opposition est suivie d’une réplique cinglante en leur endroit.
Et finalement, les deux remettent en question le concept de la démocratie.
Mais bon, Mr L a des croûtes à manger avant de rejoindre Mr B, mais disons qu’il est sur la bonne voie.
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