Italien ou immigrant?

November 24, 2011

Le Président de la République, Giorgio Napolitano, profite de la situation politique du pays pour mettre de l’avant ses propres préoccupations. Il a annoncé hier qu’il désirait reconnaître la citoyenneté aux enfants nés en sol italien de parents immigrants.

J’ai bien dit profiter plus tôt dans le texte puisqu’avec l’ancien gouvernement de coalition de Berlusconi (Parti de la Liberté) et d’Umberto Bossi (Ligue du Nord) il était impensable qu’une initiative du genre soit mise en place. Rappelons que la Ligue du Nord est un parti de droite xénophobe qui aspire à la séparation de la Padanie, Nord de la péninsule, du territoire italien.

Multiculturalisme à l’italienne

Il va sans dire que le multiculturalisme prendra du temps avant de s’ancrer dans la culture italienne, mais je suis convaincue qu’avec une nouvelle loi qui accueillera des jeunes connaissant que l’Italie sera un grand pas vers l’ouverture et l’acceptation de l’autre.

Prenons le cas du joueur de soccer/football Mario Balotelli né en Sicile et adopté par des parents italiens: il est Italien à 100% sauf pour sa couleur de peau vous me direz, mais sa maison est l’Italie. N’oubliez pas qu’il joue pour l’équipe nationale italienne. Comme on le fait ici, il a obtenu sa citoyenneté qu’à seulement 18 ans (et ce, en prouvant avoir vécu en Italie sans interruptions) et depuis qu’il est avec l’équipe Manchester City, il préfère le Royaume-Unis de la Péninsule en partie à cause des commentaires racistes qu’il endure durant les partis. Il le dit ouvertement dans une entrevue dans un quotidien italien: «J’ai parlé du racisme avec mon équipe et je leur ai dit de que nous devions arrêter la parti s’il y avait des commentaires du genre.» Il se rappelle de certains évènements en particulier où des ultras italiens criaient: «Non à l’Italie multiraciale!» ou «Les nègres Italiens n’existent pas!» À cela il dit: «L’ignorance existera toujours. J’espère seulement que ces ignorants ne retourneront plus au stade.»

Pour tous les Italiens qui croient insignifiant donner la citoyenneté à des jeunes immigrants nés en Italie, alors posez-vous la question suivante: Pourquoi les enfants d’origines italiennes, mais de citoyenneté canadienne, par exemple, n’ayant jamais mis pied en Italie et ne connaissant aucun mot de la langue de Dante peuvent-ils avoir leur passeport italien tandis que ceux nés en Italie et parlant la langue non? 

Deux sites intéressants à regarder:

http://www.litaliasonoanchio.it/index.php?id=517
http://www.razzismobruttastoria.net/

L’Italie commence à reprendre son souffle et à retrouver son importance en tant que puissance économique de l’Union Européenne (la troisième après l’Allemagne et la France) après une semaine plutôt mouvementée.

Tout a commencé lorsque Berlusconi dans les jours précédents sa démission n’a pas eu la majorité absolue en chambre sur le balance de l’état. Ce qui a immédiatement affecté les marchés boursiers: le gouvernement de Berlusconi venait de perdre la totale confiance des marchés. Disons que ce n’était pas la première fois, mais cette fois-ci on s’attendait au pire.

Même la directrice du FMI Christine Lagarde a laissé savoir que le pays perdait en confiance : «Le problème de l’Italie n’est pas sa situation financière, mais le manque de confiance.» Et sur le plan des mesures que le gouvernement Berlusconi a mis de l’avant sans y donner suite elle dit:«L’Italie ne peut pas seulement annoncer des mesures, mais elle doit les réaliser.» Un journaliste anglais abonde dans le même sens que Mme Lagarde dans une entrevue donnée au journal La Repubblica: «Le gouvernement italien a fait peu de choses pour affronter la lente croissance du pays et de son énorme dette publique. Les problèmes existaient aussi avant, mais maintenant c’est pire et les promesses non tenues ont minées la crédibilité du gouvernement.» En bref, le gouvernement a d’abord nié la crise, pour ensuite la minimiser et finalement tenter en vain de sauver le pays.

Quelques jours plus tard, le Président de la République Giorgio Napolitano nomme comme sénateur à vie Mario Monti. Un geste clair: le Président veut nommer l’économiste comme nouveau Premier ministre du pays.

Qui est Monti? On le surnomme le Professeur puisqu’il est le Président et également professeur à la prestigieuse Université Bocconi à Milan. Il a été un conseiller pour la compagnie Goldman Sachs et a été Commissaire Européen à Bruxelles. L’homme de 68 ans provenant de la Lombardie est également un économiste de renom et est considéré comme l’homme qui pourrait tranquilliser les marchés et guider le pays hors de la crise.

Le samedi suivant, le 12 novembre, on approuve en chambre le maxi amendement pour sauver le pays de la crise. (voir article: http://thebootnews.wordpress.com/2011/11/02/ultimatum-pour-le-gouvernement-italien/ ) et le soir même, Berlusconi donne sa démission au Président de la République. Une foule de personnes bouteilles de champagne en main l’attend à l’extérieur pour fêter ce moment. À sa sortie, on lui lance des sous noirs en signe de mécontentement et on l’insulte en criant «Bouffon! Bouffon!» ou en lui disant d’aller en prison ou en faisant allusion à la tombée des dictatures dans les pays arabes en scandant «Printemps! Printemps!»

Le lendemain, Mario Monti devient officiellement Premier ministre de l’Italie.

Depuis, un gouvernement technique a été formé et approuvé par la Chambre des représentants et le Sénat. Tous les partis l’ont approuvé sauf la Ligue du Nord, parti d’extrême droite, qui accuse le nouveau gouvernement d’être anti-démocratique. Le parti voudrait plutôt des élections qui sont prévues qu’en 2013. Le gouvernement est composé de ministres techniques qui ne sont pas des politiciens.

Le gouvernement restera toutefois démocratique contrairement à ce que la Ligue du Nord pense parce que tous les projets de loi devront être approuvés par le Parlement c’est-à-dire, les représentants du peuple. Comme le journaliste Roberto D’Alimonte du journal financier Il sole 24 écrit dans un article, un gouvernement technique était la chose à faire: «Ce gouvernement est né parce que dans un climat de lutte permanente [entres partis politiques] il est impossible de prendre les décisions nécessaires pour sortir le pays de la crise

Le choix des ministres dits technocrates et non politiciens, ne fait toutefois pas l’uninanimité: la droite et l’extrême gauche croient en la théorie du complot où le pays serait guidé par l’élite bancaire et les multinationales. Les étudiants sont du même avis et ont manifesté jeudi le 17 novembre après l’annonce des ministres pour cette même raison. On parle entre autres du ministre du Développement et des Infrastructures qui est dirigeant (maintenant ancien dirigeant) de la plus importante banque d’Italie et Mario Monti qui a déjà travaillé pour Goldman Sachs.

Ces théories du complot rappellent celles qui se sont répandues à la fin des années 1920 et 1930 aux États-Unis après le krach boursier de Wall Street: on pensait que les groupes de banquiers d’origine juive contrôlaient les marchés financiers.

Mardi le 22 novembre:  L’Italie est maintenant revenue au centre de l’Union Européenne. Monti s’est rendu à Bruxelles pour rencontrer les parlementaires de la Commission Européenne. Il remet ainsi l’Italie sur la carte.

Les réactions

L’ancien Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, voit d’un bon oeil le nouveau gouvernement en place: «Nous avons un gouvernement technique de haut niveau. Avec Monti nous sommes en bonnes mains et il y aura une collaboration loyale. 

Le Président Français, Nicolas Sarkozy envoie une lettre au nouveau Premier ministre lui disant: «Cher Mario les prochaines semaines seront décisives, ensemble nous pourrons réussir.»

La Chancelière Angela Merkel s’est dit satisfaite du choix de Monti: «Monti est un expert qui connaît très bien l’Europe.»

Ambassadeur américain en Italie, David Thorne, dit: «Il y a une nouvelle équipe que nous devons tous soutenir. L’Italie trouvera une solution.»

Le comédien Roberto Benigni:  «Berlusconi! Qu’allons-nous faire sans toi?»

Les priorités du gouvernement

Rigueur dans les comptes publiques, croissance et équité. Lorsque l’on parle d’équité c’est de faire payer ceux qui ont payé le moins ces dernières années c’est-à-dire, les plus riches.

Une semaine plutôt longue

November 23, 2011

Vous allez me dire, tu n’as rien écrit sur ton blogue à propos de ce qui s’est passé la semaine dernière? Eh bien, non!

Je crois qu’après avoir lu plusieurs quotidiens et visionner les diverses conférences de presse sur la chaîne de nouvelles en continu pendant toute la semaine, je pourrai vous donner un portrait plus complet de la situation.

Sous peu vous aurez toute l’information pour comprendre les derniers rebondissements de l’actualité italienne.

Hier, un journaliste près du gouvernement a annoncé l’imminente démission du Premier ministre Berlusconi et presque instantanément la bourse a réagi à la hausse. Un effet positif pour l’économie qui a duré que quelques instants quand Berlu lui-même a démenti la nouvelle.

Tout a commencé hier lorsque les banques et les entreprises ont donné un ultimatum au gouvernement Berlusconi: intervenir pour sauver l’économie ou démissionner.

Eh bien, aujourd’hui tous les parlementaires se sont réunis pour éviter le pire. Vers 23 heures, après deux heures de huis clos, le gouvernement italien déclare avoir «approuvé un amendement qui reprend les mesures que le président du Conseil avait indiquées dans sa lettre à l’Union Européenne».  La lettre en question a été remise par le Premier ministre même à Sarkozy et Merkel et comprenait une liste de mesures anti-crise. En somme, pas grand chose n’a été fait. En plus, cet amendement devra être voté par les deux chambres dans les jours qui suivent pour ensuite être mis en application.

Ce Maxi-Amendement, comme ils l’ont appelé, sera-t-il suffisant pour le Président français et la Chancelière allemande à la rencontre du G20 demain à Cannes?

Rappelons que Berlusconi a toutefois tenté de rassurer Madame Merkel hier soir en l’appelant directement pour lui faire part de «la détermination du gouvernement italien à introduire dans les plus brefs délais les mesures définies dans l’Agenda Européen.»

Une chose est certaine, les marchés financiers n’auront certainement pas été rassurés et risque de montrer l’énième baisse des marchés italiens.

Le referendum sur les mesures anti-crise permettra-t-il de sauver la Grèce?  À mon avis, il est trop tard pour faire ce genre d’exercice démocratique. Il est temps d’assumer ses responsabilités et d’agir au plus vite avant que tout s’écroule.

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Photos prises devant le Parlement à Athènes en juillet dernier, peu de temps après les grandes manifestations. 

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